Edition 2006

L'édito de Jean-Luc Raymond



A vrai dire, il m’est difficile de me rappeler exactement depuis combien d’éditions, je me rends aux ReWICs. Chaque année est marquée par un souvenir particulier, un temps fort et des échanges humains qui se révèlent passionnants.


Au début, nous n’étions que quelques Français exilés pour une journée en Région wallonne afin d’écouter le discours des acteurs de terrain de l’internet citoyen et solidaire. Ce fut d’ailleurs mon premier étonnement : cette expression "citoyen et solidaire" revêt lors des ReWICs un caractère particulier. Trait culturel ou façon d’être ? Loin de certaines conférences en France où le discours se veut convenu, les PowerPoint ronflants déroulés durant de longues minutes, les ReWICs rompent cette monotonie par des témoignages de terrain, des mises en perspective où les questions se font tout aussi résonnantes que les tentatives de réponses. Dans le monde de l’appropriation des nouvelles technologies, les solutions ne sont que des débuts de réponses, des opinions à confronter, des actions à nourrir et des débats entamés pour réfléchir.

Voir une bibliothécaire se montrer convaincue par l’utilité d’Internet dans un univers culturel livresque et donner envie à ses confrères de se lancer dans l’aventure; écouter attentivement un animateur responsable d’un Espace Public Numérique expliquer comment avec de faibles moyens financiers, il arrive à créer une dynamique locale où les habitants apprécient, toujours plus nombreux, apprendre comment utiliser une souris, lire sur un écran; regarder des reporters "chasseurs de sons" en action immortaliser les paroles de jeunes de Charleroi venus découvrir ce que sont les ReWICs; boire toujours aussi passionnément les paroles d’une chef de projet exemplaire d’une région belge; confronter nos cultures et nos approches… C’est tout cela, les ReWICs !

Sacrée Wallonie et bienheureux ReWICs qui ont su garder au cours de ces éditions, une attention et un fil rouge constant à ces lieux d’apprentissage de l’informatique au sens large, centres de ressources d’une vie locale plurielle et moderne que sont les Espaces Publics Numériques, expression française pérennisée dans le vocable belge… Un peu, beaucoup, grâce aux ReWICs.

Foisonnement d’exposants du monde solidaire et non marchand qui rivalisent d’ingéniosité et de convictions pour présenter leurs actions et leurs projets, ateliers techniques pointus, parcours de découverte des usages des nouvelles technologies pour le monde associatif et territorial, ou thèmes de réflexion récurrents de sens dans une société moderne difficile (comment ne pas laisser sur le bord de la route de l’informatique et du multimédia des personnes exclues ?)… Chaque édition des ReWICs est vécue au pas de course avec cette impression d’avoir manqué l’atelier essentiel.

Là où tant de journées en Europe s’obligent à adopter la langue de Shakespeare, les ReWICs restent fidèles à une expression francophone, signe marquant d’une différence et d’une sensibilité particulière, unique dans les mots et les échanges.

Enfin, si un jour de 2004, j’ai décidé de reprendre mes études en Master Pro : Pierre, Franck, Philippe, Dominique, Béatrice, Emmanuelle… Je le dois en grande partie à vous. Si un jour de 2005, j’ai consacré une grande partie de mon mémoire de fin d’études à me questionner sur l’appropriation de l’administration en ligne par des publics précaires dans un Espace Public Numérique en France et aussi en Belgique, c’est grâce à des rencontres… faites aux ReWICs. La vie est drôle et inattendue, parfois. Merci aux ReWICs d’exister et merci à ses organisateurs et à ses participants d’y être et surtout d’y participer chaque année plus nombreux… Car le numérique, c’est d’abord une histoire d’humains et non de machines !

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